Bréant François (1947-....)
 La nuit des lapins géants
  Notes sur l'album :

Comme dans ses précédents albums, Bréant s'inspire de l'univers de la musique de film, de sa fonction, de ses codes, ses conventions. Il convie l'auditeur à reconstituer son propre scénario. Les titres loufdingues des morceaux ainsi que les courts poèmes inclus dans le livret servent de fil conducteur pour l'imagination. D'impeccables instrumentistes se combinent aux luxuriantes pâtes d'orchestre fournies par les claviers. Ce n'est pas du jazz mais ça en a parfois le parfum. Ce n'est pas du classique mais quelques compositeurs du XXème siècle y rôdent. Ce n'est pas du prog-rock mais les spectres de Soft Machine ou King Crimson peuvent vous surprendre ci et là. Ce n'est pas de la world music mais on y entend gongs, balafons, kalimbas et bongos. A la manière d'un Frank Zappa, d'un André Popp, d'un Fred Pallem ou des Beatles, Bréant agglomère et digère tout un bric-à-brac de styles comme dans les affiches psychédéliques. Il enfourche une hétérogénéité revendiquée sans vergogne et ose faire coexister Ravel, Kurt Weil, Zawinul, Lalo Schiffrin, Pink Floyd, Piazzola, dans un brouet malicieux que le second degré et la poésie assaisonnent.

 Article(s) de presse dans :

Jazz Magazine nº 717 p.118 du 13/06/2019